Avant, les résultats de recherche dans Google étaient supposés me renvoyer les liens les plus pertinents en fonction de ma recherche.
Mais ça c’était avant
Google annonce que Google Shopping, qui occupait déjà bien de l’espace dans ces résultats, devient payant à l’automne. Ce qui s’avérait être un outil intelligent et accessible à tous les eCommerçants se plie donc à la Loi du Grand Capitalisme. Au détriment des internautes, selon moi, qui ne bénéficieront plus d’une proposition objective.
Les liens sponsorisés avaient déjà bien fait reculer les résultats naturels, depuis l’apparition des têtes de liste (rien à voir avec Roland Garros ou les législatives) (d’ailleurs on dit tête de série pour le Tennis). Puis, les images, Shopping et les microdata sont venus encore réduire le nombre de liens simples apparaissant à l’écran. Mais tout compte fait, ces trois derniers participaient bien d’un classement relativement objectif, puisque Google Merchant comme Google Image sont aujourd’hui des services gratuits et que l’apparition des Microdata relève de la qualité du code du site. Ça allait plutôt dans le bon sens.
Fin de la récré : désormais, sans le savoir, Madame Michu contribuera à la puissance financière de Google en pensant naïvement que le moteur de recherche remplit son rôle de serviteur de la vérité, quand il remplit surtout ses caisses. A la limite, si Google avait posé un modèle à la commission sur les ventes réalisées, ça aurait pu aller dans le bon sens, en encourageant les marchands à proposer le bon produit dans un bon environnement d’achat, et donc un bon taux de transformation. Mais foin de la qualité ultime : en prélevant un coup au clic, Google tendra à ne jamais faire apparaître les enchérisseurs trop modestes. L’espace sera donc occupé par des géants du eCommerce. Ils s’en défendront certainement en avançant l’argument du quality score, sauf que là encore les meilleures notes coïncident naturellement avec les meilleures rentabilités… pour Google.
Je m’interroge : qu’arrive-t-il à une entreprise qui s’éloigne brutalement de son ADN ? Si Google n’est plus capable de faire remonter naturellement les liens les plus pertinents, qu’en sera-t-il du « moteur de recherche préféré du monde entier » ? Je n’ai pas encore la réponse, mais ce qui est certain c’est que c’est pas tout ça qui va arranger la rentabilité du p’tit commerce, ma bonne dame.




